Description

C’est un vénitien qui parla pour la première fois d’une fabuleuse contrée perdue dans la mer de Chine où l’or coulait, disait-on, à flots et qu’il appelait poétiquement Cipango. Il avait pour nom Marco Polo, était l’un des plus grands voyageurs de tous les temps et avait découvert, sans le savoir, le Japon. C’était au XIIIe siècle et le début du rêve de tous les découvreurs, celui d’un Eldorado caché quelque part entre ciel et mer, aux confins de la terre.

Ce n’est pas une coïncidence si dans la Venise d’aujourd’hui les plus beaux masques du Carnaval évoquent les visages poudrés et impassibles des geishas japonaises puisque tels étaient les canons de la beauté dans la lointaine Cipango. Venise a commercé très tôt en effet avec l’Asie. Son influence a été immense pendant des siècles et ses marins ont enrichi les Doges et les Princes qui ont, eux-mêmes, donné à leurs musiciens les plus talentueux l’occasion de se faire reconnaître. La puissance et les arts ont toujours fait bon ménage. Parallèlement à l’émergence de la première grande école instrumentale d’Occident, en exportant son modèle de spectacle lyrique dans l’Europe entière, la Sérénissime avait accouché de rien de moins que la musique moderne.

Le lien ancestral entre la culture de la péninsule et le Japon se concrétisera dès le début de cette édition avec la représentation du célèbre opéra du toscan Giacomo Puccini, Madame Butterfly. Puccini aurait été enthousiasmé, dit-on, par l’histoire de cette jeune fille de maison de thé tombée follement amoureuse d’un officier de marine américain - qui aurait pu être vénitien en d’autres temps - dans le port de Nagasaki. Qui peut oublier le chant déchirant de la belle Cio Cio San scrutant désespérément l’horizon dans l’espoir du retour de celui qu’elle aime ?

Un autre vénitien, né au XVIIe siècle celui-là, nous enchante toujours aujourd’hui : c’est Antonio Vivaldi, le violoniste-virtuose et le compositeur prolifique le plus doué de son temps. L’orchestre de chambre baroque des Interpreti Veneziani, tout droit venu de la Chiesa San Vidal au cœur de Venise, nous replongera dans cette brillante époque. Il n’est pas surprenant que tout un chacun puisse éprouver un jour ou l’autre la tentation de Venise.

Peu de temps avant la mort du maître vénitien, Giovanni Battista Pergolesi, le napolitain car l’Italie n’existait pas encore, composait à 26 ans le magistral et poignant Stabat Mater qui nous sera proposé par l’Orchestre Régional de Normandie en avant-première du festival.

Les Musicales 2019 ne se résumeront pas, loin s’en faut, à cette correspondance mystérieuse entre la séduisante Venise et le Japon des merveilles mais elle en sera le fil invisible.

Les tsiganes de Divano Dromensa, à la croisée des chemins des cultures slaves et nomades venues de l’Inde mystérieuse, nous raconteront l’histoire, de la Mer Blanche aux Balkans, de ce peuple qui a tant apporté à la musique et au chant.

L’Amérique de Christophe Colomb, le génois qui croyait atteindre enfin Cipango et allait découvrir l’Amérique sera aussi présente avec la séduisante chanteuse américaine Robin McKelle et le surprenant duo formé par les brillants pianistes de jazz que sont Baptiste Trotignon et Thomas Enhco, exceptionnellement réunis pour un programme original entre tradition et modernité.

Michael Jones, le complice de toujours de Jean-Jacques Goldman complétera la fête et nous donnera beaucoup comme au bon vieux temps des succès du trio Fredericks, Goldman et Jones.

A chacun son Eldorado, le nôtre c’est la musique pour partager de grands moments d’émotion.

Ouvertures

Date début : 28/07/2019
- Date fin : 17/08/2019




À proximité

Vous aimerez aussi